Et si vous nous lâchiez avec le vote utile ?

20042012

 

Contributions de dernière minute sur le site du Nouvel Observateur :

« Mélenchon, un vote dans le vide » : et si vous nous lâchiez avec le « vote utile » ?

Camarade, on te dit que voter Mélenchon c’est du gâchis ? Ne te résigne pas !

et vidéo de Jacques Généreux sur

le vrai vote utile

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/536560-melenchon-un-vote-dans-le-vide-et-si-vous-nous-lachiez-avec-le-vote-utile.html

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/534394-camarade-on-te-dit-que-voter-melenchon-c-est-du-gachis-ne-te-resigne-pas.html

http://www.dailymotion.com/video/xq8jy1_le-vrai-vote-utile_news#

http://www.dailymotion.com/video/xq8jy1



chercher à être splendide

16042009

Entretien avec Alain Caillé, créateur du Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales et animateur de journaldumauss.net. Entretien paru dans Libération, intitulé « Être généreux est une forme de guerre« . Extrait :

La rapacité à l’œuvre dans le capitalisme contemporain ne dément-elle pas la primauté du don ?

A. C. Si l’on estime que l’homme est exclusivement un animal économique, alors il faut dire que les sociétés où l’appât du gain ne prévaut pas masquent la vraie nature de l’homme et que le néo-libéralisme constitue la conclusion logique de l’Histoire. Sa vérité révélée.

Pour ma part, je crois que le moment dans lequel nous sommes ne doit pas nous égarer et que le moteur de l’homme a toujours été et reste la quête de reconnaissance, de la capacité à donner, d’être puissant, de montrer qu’on est splendide. Il se trouve juste que, depuis trois décennies, la modalité pour être splendide, c’est d’avoir une Rolex. En d’autres temps, chez les Grecs, être splendide, c’était mourir pour la cité. La rapacité actuelle n’est pas à elle-même sa propre explication et, ce qu’il faut se demander, c’est quel bouleversement symbolique a pu générer l’idée que la reconnaissance devait passer par la richesse économique.




Entre bêtise et méchanceté, la peur…

12122008

Par Pierre Marcelle

sur le site de Libé

Du sadisme banal

Eh bien, Vittorio de Filippis n’aura pas expérimenté pour rien les joyeusetés de l’interpellation matutinale, du soupèsement de testicules (dit «fouille au corps») et de la garde à vue. Son exposition médiatique a suscité partout en retour moult reportages de traumatismes dont on ne rapportera ici qu’un seul, établissant exemplairement que les voies de l’arbitraire fonctionnaire sont multiples, et vicieuses, et chafouines.

Le témoignage, de première main, est incontestable. Il intéresse un de ces multiples et étranges étrangers vivant en France dans le respect de ses lois, et dont l’administration contrôle le séjour – comme il sied dans un Etat bien policé. Le sujet, domicilié dans une avenue Roger-Salengro, n’évoque pas de coups de chaussures à clous assénés contre lui dans d’obscurs sous-sols préfectoraux ni d’aveux extorqués d’hypothétiques mauvaises fréquentations. A son encontre, nulle brutalité verbale ni physique. Juste une misérable ignominie consistant à le domicilier, lors du renouvellement de ses titres de séjour, Avenue Roger-Salnegro. Soit à une fausse adresse, susceptible de lui valoir, en cas de contrôle, les pires tracas. Peu enclin à aggraver son cas déjà patent (il est tout noir) en se plaignant, notre résident a bien tenté de croire à une coquille, mais la répétition du procédé, divers coups de téléphone passés auprès de son employeur pour vérifier son état civil et sa qualité, et les ricanements à peine dissimulés qui l’accueillirent lorsqu’il vint bien poliment faire rectifier ses papiers, l’en ont vite dissuadé. Il a choisi d’écraser et, dans un sourire contraint, subit cette saloperie comme le prix à payer pour son intégration : un bizutage, un «moindre mal», un sadisme ordinaire comme il en va du racisme, une humiliation supplémentaire à quoi sa couleur de peau l’expose et l’habitua, mais qui laisse un goût plus qu’amer quand c’est la République qui l’inflige.

A l’heure où s’écrivent ces lignes, les «incidents de caténaires» se poursuivent et Michèle Alliot-Marie est toujours ministre de l’Intérieur. Comme le fut sous le Front populaire le socialiste Roger Salengro qui, harcelé de calomnies par la presse d’extrême droite après qu’il eut ordonné la dissolution de ses ligues, se suicida en novembre 1936.

De la connerie ordinaire

Ainsi nous revient qu’en tentant la semaine dernière de déterminer ce qui branle dans le fonctionnement de l’Etat quand il bave, via sa police ou sa justice, nous avons gravement sous-estimé les paramètres de l’ignorance crasse, de la niaiserie satisfaite et, pour tout dire, de la bêtise «granitique», dans quoi Flaubert voyait «quelque chose d’inébranlable [et que] rien n’attaque sans se briser contre elle»…

C’est alors de connerie d’Etat qu’il faudrait parler en lisant mardi dans Libération le témoignage de Benjamin Rosoux, l’épicier «terroriste» de Tarnac, rapportant les termes de son interrogatoire par des flicards fantasmant, à la ferme du Goutailloux, de sombres affaires de drogues et d’affriolante luxure ; et de même en découvrant, dans le Monde du 4 décembre, cette sortie ahurissante d’un collaborateur de la ministre Alliot-Marie proclamant, à propos des «sabotages» de caténaires, qu’«en 1917, ça a commencé comme ça». Selon le locuteur que citait le confrère, ce qui «a commencé comme ça», c’est la révolution russe d’octobre 1917 !

On a beau savoir que bêtise et méchanceté ne sont pas incompatibles, on frémit à les découvrir aussi intimement appariées que Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer dans la fabrication du concept d’«ultra-gauche, tendance anarcho-autonome».

D’une angoisse certaine

Ces mots-là n’ont rien d’innocent, quand le même projet qui les accoucha consiste à instiller dans les populations la peur de tout, mais qui n’est peut-être que la peur de l’Etat lui-même, confronté à une crise financière pas finie et une crise sociale à peine commencée. Et c’est très naturellement que ces mots reviennent pour évoquer les «émeutiers» d’Athènes ou de Salonique. Ainsi, mardi soir, comme par hasard et au détour d’un reportage de France 2, la jeunesse grecque se découvrit-elle d’«ultra-gauche» ! Où la confusion des mots traduit exemplairement celle de commentateurs sollicitant, pour qualifier la révolte des étudiants d’outre-Méditerranée, tantôt le précédent de Mai 1968, tantôt celui de nos «émeutes des banlieues» de l’automne 2005.

Et plus souvent l’un et l’autre à la fois, dans la perception d’un quelque chose qui n’effraie pas que Nicolas Sarkozy. En deux jours et deux nuits s’est réalisée là-bas la jonction entre une «bavure» policière, la crise de l’Union européenne et celle, mondiale, du capitalisme. Jusqu’à donner des idées à la jeunesse d’une Italie qui, en termes de chômage des jeunes et de corruption de l’Etat, ne se porte guère mieux que le voisin héllène. Cette peur qui transpire au plus haut niveau de l’Etat, ce n’est pas celle de «l’insurrection qui vient», mais celle, fondée par la crise ou fantasmée par les médias, de la grève générale.

 




normand baillargeon

17032008

note biographique dans La mondialisation de l'ignorance

Note biographique tiré de La mondialisation de l’ignorance
où il est l’auteur de l’article Education et avenir commun.

Milite pour la possibilité d’une pensée critique, libre et autonome : quelques chroniques.

A de mauvaises fréquentations (Chomsky, Mermet)

Ecrit en français fleuri mais châtié, avec l’atsin tônôdien et avec jovialité (ex : La boîte à crétiniser).

A le grand mérite d’être en France en ce moment. A Paris ce soir.
Détails :

baillargeon.jpg




sacrées espèces et menteurs menacés

16032008

A lire dans Périphéries:

SACRÉES ESPÈCES ET MENTEURS MENACÉS
L’entreprise, c’est la vie
http://peripheries.net/article316.html

Du kaki dans les yeux, des emmerdes plein la tête. Depuis des semaines, à
Bogny-sur-Meuse, dans une cuvette au fin fond des Ardennes, une centaine d’ouvriers,
parfois en tenue de camouflage, traquent leur dignité, leur honneur ou leur fierté,
chapardés par un patron-braconnier. Le trou tombe en ruines ou – ça va plus vite -
part en fumée. La mécanique du piège s’avère grossière: en promettant la main sur le
coeur de les soigner, le viandard arrache les bêtes exténuées à la barre du tribunal
de commerce; il les dépèce (vente des stocks, des bâtiments, des terrains et des
rebuts, transformation des machines en ferraille) et, avec la plus-value réalisée,
se paie grassement, s’achète un meilleur couteau et repart fureter dans les
sous-bois des vallées ardennaises. Des fois, pour le féliciter de son courage, de
son zèle ou de son dévouement, les autorités locales le couvrent de cadeaux; à
force, il se constitue un modèle réduit d’empire. Le rapace règne, il est le roi du
boulon, dans la bourgade même où, au milieu du XIXe siècle, la production
industrielle de boulons a été inventée. C’est qui, le patron?

Dans le capital comme dans la capitale, c’est peut-être bien la guerre, c’est en
tout cas du grand spectacle. Après avoir tergiversé pendant des mois, Laurence
Parisot, la présidente du MEDEF, pilonne le bunker où est retranchée la «vieille
garde» de l’UIMM, sa principale fédération… Qui le lui rend bien en minant la
route du triomphe vers un patronat hyper-moderne, en froufrous roses et à la fraise
tagada, voluptueux et totalitaire. L’entreprise, c’est la vie, et d’abord l’inverse,
n’est-ce pas?

Dans les Ardennes, ça se gâte: l’empire s’est écroulé, l’argile l’a englouti. Sur
place, les licenciés en puissance, les vivants en sursis ont le mauvais goût
d’arguer que le braconnier avait la cote dans la grande famille, chez les
consanguins de l’UIMM et du MEDEF. Et réclament aux organisations patronales une
indemnité de 50.000 euros par personne. Scandale dans le scandale. Ce ne sont pas
deux histoires; ceci est un carambolage.

Bonne lecture et à bientôt,

Thomas Lemahieu & Mona Chollet

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Et toujours:
«RÊVES DE DROITE -
DÉFAIRE L’IMAGINAIRE SARKOZYSTE»
Un essai de Mona Chollet
La Découverte, «Zones»
156 pages – 12 euros
En librairie depuis le 6 mars 2008
http://peripheries.net/article315.html

Périphéries
Escales en marge
http://www.peripheries.net




MAi 68, quelques rappels, par RM Jennar

10032008

( site alternativeunitaire )

Je suis irrité, et le mot est faible, par tout ce qui se dit et s’écrit [1] en 2008 sur Mai 68.

D’abord de la part de ceux qui, alors aux premiers plans médiatiques, le sont restés aujourd’hui au prix d’un grand écart qui va de l’extrême gauche à ce qu’on appelle maintenant le néo-conservatisme. Ensuite, de la part de ceux qui regardent Mai 68 avec les yeux et les enjeux d’aujourd’hui sans faire le moindre effort pour se remettre dans le contexte de l’époque. Enfin, par cette droite qui, parce qu’elle rejette l’idéal des Lumières, dénigre très logiquement les idéaux qui ont animé Mai 68.

J’avais un peu plus de 21 ans début 1968 ; j’étais étudiant. Attentif, comme beaucoup de Belges nés dans cette Wallonie que Gustave Cohen appelait “ la petite sœur de la France ”, à tout ce qui se passe au pays de Rousseau et de Jaurès, j’avais noté que, contrairement à ce qu’écrivait alors “ Le Monde ”, la France ne s’ennuyait pas. Participant depuis deux ans à de multiples réunions en France, notamment dans le cadre du mouvement pédagogique créé par Célestin Freinet, participant aussi aux actions contre l’intervention américaine au Vietnam, j’avais observé à quel point, sous la chape de plomb d’une société bloquée, grandissait ce qu’on allait bientôt appeler “ la contestation ”. Dès le 4 mai, j’étais à Paris. J’ai participé autant qu’il était possible aux évènements. Pourquoi étais-je là ?

Nous avions grandi dans une véritable morale de l’engagement qui donne un sens à la vie. Nous lisions Camus, Malraux, Nizan, Sartre, Saint-Exupéry, Henri Alleg, Franz Fanon, Édouard Glissant, Hemingway, Steinbeck. Nous ne manquions aucun des bouquins publiés par Maspero. Nous écoutions Brassens, Brel, Ferrat, Ferré. Nous étions nourris des récits de la guerre d’Espagne, de la Résistance et des luttes contre le colonialisme. Nous attendions que la société se mobilise sur des objectifs conformes aux valeurs dont nous étions imprégnés. Elle ne nous proposait que de consommer. Mai 68 fut pour beaucoup d’entre nous la contestation d’une société qui ne donnait aucun sens à notre vie. Ce n’est pas un hasard si l’action humanitaire, la défense des droits fondamentaux, la militance écologique, la libération de la femme, le retour à des formes de vie plus simples, plus authentiques (le Larzac, par ex.) furent, pour beaucoup, une suite cohérente à Mai 68.

Il semble qu’aujourd’hui pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la rigueur de l’historien, on oublie ce qui dominait dans nos sociétés d’alors. L’intention est bien entendu de discréditer ce qu’il y avait de plus légitime dans cette contestation. Et qui le demeure.

On feint d’oublier qu’une des cibles prioritaires de la contestation était la société de consommation, annonçant les interrogations actuelles sur l’idéologie de la croissance et le productivisme qui l’accompagne. Nous mettions en cause le sens d’une vie toute entière conditionnée à l’achat de toujours plus de biens dont l’utilité n’était pas nécessairement démontrée. La suite ne nous a pas donné torts quand on voit la société du gaspillage et du déchet dans laquelle nous vivons dans les pays occidentaux.

On ne rend pas compte, aujourd’hui, de la pesanteur des conventions entretenues par une Église catholique alors encore très puissante. Les divorcés et les enfants de divorcés étaient montrés du doigt. Évoquer la grossesse désirée – le planning familial, disait-on alors – c’était attenter à l’ordre moral. Contraception (jusqu’en décembre 67) et avortement tombaient sous le coup du code pénal. On ne rappelle pas assez que le mouvement du 22 mars, c’est d’abord, à Nanterre un an plus tôt, une protestation contre l’interdiction faite aux garçons de se rendre dans les logements réservés aux filles. Se souvient-on que Mme De Gaulle a tenté d’interdire “ les jolies colonies de vacances ”, la célèbre chanson de Pierre Perret et qu’elle refusait l’accès aux réceptions de l’Élysée aux ministres dont la vie privée ne convenait pas à l’ordre moral dominant ?

On passe pratiquement sous silence que Mai 68, ce fut aussi et d’abord une remise en cause des méthodes en vigueur à l’Université. Dans les amphis, certes, beaucoup parlaient de révolution, mais d’autres parlaient d’une université restée dans le moule napoléonien, d’un enseignement transmis par des mandarins, d’une passivité obligée de l’étudiant dans la tête duquel on déversait des connaissances davantage que des capacités d’analyse. Nous rappelions Rabelais préférant des têtes biens faites à des têtes bien pleines. Nous ne voulions pas étudier moins, nous voulions étudier mieux. Certains d’entre nous qui connaissaient l’université américaine, où tout est fait pour faciliter la tâche du chercheur, dénonçaient les multiples entraves bureaucratiques auxquelles le chercheur est confronté en France (ayant fait par la suite mon doctorat en France avec des recherches aux États-Unis, j’ai pu vérifier qu’ils avaient en tous points raison). S’il ne nous plaisait pas de donner les USA en exemple à cause notamment du Vietnam, c’est bien à une pédagogie beaucoup plus participative que nous aspirions. Mais les médias ont préféré s’intéresser aux multiples groupuscules de l’extrême-gauche traditionnelle et à ceux qu’on appelait “ les enragés ” et, avec les manifestations et leurs débordements, c’est l’image qui est malheureusement restée de Mai 68. Et quasiment la seule que relèvent ses détracteurs. On n’était pourtant pas tous des disciples de Lénine, de Trotsky ou de Mao, loin s’en faut.

Les “ bobos ” d’aujourd’hui, prompts au reniement, oublient que Mai 68, ce fut aussi la plus grand révolte sociale depuis le Front populaire. Nous étions dans ce qu’on a appelé plus tard les “ Trente glorieuses ”, des années de plein emploi et de croissance économique soutenue. Mais, comme d’habitude, le patronat n’entendait pas répartir équitablement les fruits de la richesse produite. Spontanément, ceux qui produisaient cette richesse par leur labeur ont exigé leur dû. Il leur a fallu une rare obstination, y compris à l’égard de ceux qui les encadraient, pour obtenir satisfaction.

Mai 68, ce fut aussi un sursaut démocratique. Un Ministre de l’information s’assurait chaque jour du contenu des journaux télévisés. La démocratie instaurée par la Constitution de la Ve République réduisait la représentation nationale à une chambre d’enregistrement (au point que cette institution sans influence ne fut jamais la cible des manifestants) et le rôle du citoyen était limité à celui d’un électeur dans un cadre extrêmement centralisé. Contrairement à ce qui se dit aujourd’hui, nous ne remettions pas en cause le rôle de l’État et des pouvoirs publics, nous contestions un système politique fort peu démocratique. Mais tout l’effort auquel on assiste veut faire croire que nous sommes à l’origine du dépérissement de l’État face à la mondialisation, alors que bon nombre d’entre nous, internationalistes hier, sommes aujourd’hui ce qu’on appelle des altermondialistes, c’est-à-dire ceux qui portent le plus l’exigence d’une capacité de réguler le marché et ses acteurs.

En résumé, Mai 68 fut une exigence d’émancipation. Émancipation culturelle contre une société qui offrait comme seul projet de consommer toujours plus. Émancipation pédagogique contre une université pétrifiée dans des méthodes surannées dominées par une mentalité hiérarchique. Émancipation sociale contre un système économique perpétuant l’exploitation et qui refusait un partage plus équitable de la richesse produite. Émancipation morale contre une société marquée par les tabous religieux en particulier en ce qui concerne l’autonomie de la femme et les rapports sexuels. Émancipation démocratique contre une Ve République qui imposait les institutions les moins démocratiques de toute l’Europe démocratique d’alors.

Mais parce que bon nombre des directeurs de conscience que nous imposent aujourd’hui les médias et leurs commanditaires sont d’anciens de Mai 68, ces “ “philosophes ” médiatiques qui ont tout renié, et que le reniement, au nom de la modernité, est érigé de nos jours en performance morale, parce qu’il ne convient pas que soit fournie une présentation positive d’un moment historique d’émancipation, le complexe politico-médiatique est mobilisé pour discréditer Mai 68.

C’est parce que Mai 68 entretient dans l’inconscient collectif – en France, mais aussi hors de France – la force transformatrice de l’héritage des Lumières et les événements qu’elle a engendrés (1789, 1848, 1870) que les néoconservateurs s’emploient à en salir le souvenir.

Raoul Marc JENNAR, le 9 mars 2008.

 

[1] Il serait beaucoup plus utile de relire les livres qui furent publiés alors que ceux qui paraissent aujourd’hui et sont, dans bon nombre de cas, des réécritures de l’histoire à des fins qui n’ont rien à voir avec le souci historique. Pour moi, la meilleure analyse fut publiée en 1968 sous le titre “ Ces idées qui ont ébranlé la France ” par Epistémon, (Fayard).




Pancho Villa y Paul Lafargue

26112007

— le 26 novembre 1912, Pancho Villa disparaît de la cárcel militar de Santiago Tlatelolco

Pancho Villa y Paul Lafargue dans c'était mieux avant mexic_troupvilla

voir aussi

http://increvablesanarchistes.org/articles/etranger/mexique_revolution.htm

http://www.care2.com/c2c/groups/disc.html?gpp=3109&pst=894790&archival=&posts=9

http://es.wikipedia.org/wiki/Francisco_Villa

http://tierra.free-people.net/personajes/personajes-francisco-pancho-villa.php

http://www.agenciaelvigia.com.ar/pancho_villa.htm

sur John Reed http://www.rebelion.org/noticia.php?id=50662

— le 26 novembre 1911, Paul Lafargue disparaît avec la fille de Marx !!!

150px-Laura_Lafargue dans ceux qui y croient encore180px-Paul_Lafargue_profil dans textes
Le droit à la paresse pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Lafargue

http://rh19.revues.org/document.html?id=401

26 novembre




Pour les grèves solidaires

16112007

sur le site de Libération

Par plus de 200 signataires dont Etienne Balibar, professeur émérite à l’université Paris-X ; Françoise Balibar, professeur émérite à Paris-VII ; Daniel Bensaïd, professeur de philosophie à Paris-VIII ; Luc Boltanski, directeur d’études à l’EHESS ; Dominique Cabrera,cinéaste ; Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College, Londres ;Michel Onfray, philosophe, université populaire de Caen ; Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie, université Marc-Bloch-Strasbourg-II ; Lavoj Zizek, chercheur à l’International Center for Humanities, université de Londres.

 

Les grèves de 1995, les mobilisations sociales de 2003, le non de 2005 au traité constitutionnel européen ont contribué à freiner en France la contre-réforme libérale qui l’a emporté partout en Europe. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et son gouvernement veulent faire de la grève des cheminots et du mouvement dans les universités un test. S’ils parviennent à les briser, ils espèrent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de réformes annoncé sur le droit du travail, sur le système de santé, sur la protection sociale. Ils engagent pour cela une bataille d’opinion visant à diviser et à opposer ceux qui se lèvent tôt à ceux qui sont supposés se prélasser sur le mol oreiller de l’assistanat, le secteur privé au secteur public, les méritants aux récalcitrants, les étudiants studieux aux insoumis.

C’est pourquoi l’offensive gouvernementale commence par la remise en cause des régimes dits spéciaux, présentés comme un privilège contraire à l’égalité, mais elle se poursuivra par l’augmentation pour toutes et tous de l’âge de la retraite, par la privatisation des services de santé et des assurances contre la maladie et la vieillesse, au détriment de la protection sociale par répartition.

Les cheminots ne luttent pas seulement pour défendre un droit à la retraite obtenu à la Libération en raison de la pénibilité de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employés du métro, les postiers, les électriciens, les personnels de santé, les enseignants, pour défendre ce qui reste de service public contre la concurrence débridée de tous contre tous. La double défense de la solidarité sociale et des conditions de l’autonomie de chaque individu passe au contraire par un partage du temps de travail sans perte de salaire, par le maintien du droit d’accès à la retraite égal dans le privé et le public, tenant compte de la pénibilité du travail, par un retour aux 37,5 annuités pour tous.

En soutenant les mobilisations des salariés, la communauté universitaire ne fait pas seulement acte de solidarité. La loi mal nommée d’autonomie des universités ne les soustrait aux tutelles étatiques que pour mieux faire croître parallèlement l’arbitraire bureaucratique et féodal de présidents d’université imitant le management des entreprises privées, et la dépendance à l’égard des marchés. Elle amorce une logique de démantèlement de l’enseignement supérieur public, d’augmentation des droits d’inscription des étudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de la concurrence et aux caprices du marché du travail. Elle affaiblit le droit à l’étude et l’espace public d’éducation. Tels sont les enjeux de la bataille sociale engagée.

C’est pourquoi non seulement nous nous déclarons solidaires de la grève des cheminots et des universités en lutte, et manifesterons à leur côté, mais nous participerons à une mobilisation d’ensemble et à une convergence de ces luttes pour la journée de grèves du 20 novembre dans la fonction publique et au-delà.




Le mythe d’un pays gréviste

15112007

sur le site de Libération

Par François Doutriaux, enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal.

 

La France serait une nation «grévicultrice» : le pays du «droit de paralyser» (le Figaro, 17 février 2004), qui préfère la «guerre sociale aux compromis» (le Monde, 26 mai 2003) et souffre d’une «forme d’infirmité que ne partagent pas nos voisins européens» (Christine Ockrent, les Grands Patrons, 1998) car «nul autre pays occidental ne se comporte ainsi» (l’Express, 5 juin 2003). Un bref rappel de la réalité historique et statistique de ce phénomène n’est donc pas sans intérêt.

Premier élément du mythe, la France serait un pays de grévistes. Le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève était de 4 millions en 1976, 3,5 millions en 1984, 2,1 millions en 1988, 900 000 en 2000, 1,2 million en 2005. En dehors de pics spécifiques (1982, 1995, 2001), l’ampleur et la fréquence des mouvements sociaux ne cessent de diminuer alors même que la population active ne cesse d’augmenter. La fonction publique se substitue par ailleurs progressivement aux salariés privés dans le cadre des conflits sociaux. En 1982, 2,3 millions de journées grevées étaient comptabilisées dans le secteur privé, pour 200 000 seulement dans le secteur public. En 2005, 224 000 dans le privé pour 1 million dans le public. La part du public dans les mouvements sociaux est passée de 3 % dans les années 70 à 30 % à la fin des années 80 puis à 60 % à compter du milieu des années 90.

En effet, les principales causes de cet effondrement statistique concernent les salariés du secteur privé. Ainsi de la précarisation des emplois, du chômage, de la désindustrialisation, de la désyndicalisation ou du démantèlement progressif du droit du travail. Un salarié en CDD ou en CNE va-t-il faire grève ? Les restrictions budgétaires successives et l’effritement graduel des avantages spécifiques de la fonction publique, combinés au nombre relativement important des fonctionnaires, expliquent également ce glissement. Enfin, le statut particulier des agents de l’Etat facilite l’exercice du droit de grève, de plus en plus théorique pour de nombreux salariés privés. Dans le secteur privé, les 224 000 journées de grève en 2005 représentent, à l’aune d’une population active de 16 millions de salariés, 0,01 journée par salarié et par an. Sur une carrière professionnelle de quarante années, un salarié français fera donc grève moins d’une demi-journée, un fonctionnaire moins de quatre jours. Des chiffres à comparer avec les trente-trois millions de journées non travaillées pour cause de maladie en 2005. La grève apparaît cent quarante-sept fois moins pénalisante pour notre économie que les arrêts maladies. La réalité est donc fort éloignée des phénomènes massifs souvent évoqués.

Second élément du mythe, la France recourrait davantage à la grève que ses voisins. Sur la période 1970-1990, la France est onzième sur les dix-huit pays les plus industrialisés en termes de journées non travaillées pour fait de grève. Avec 0,15 journée grevée par salarié et par an, elle est 7,6 fois moins conflictuelle que l’Italie (première), 3,2 fois moins que le Royaume-Uni (septième), 1,6 fois moins que les Etats-Unis (huitième). Sur la période récente (1990-2005), la France demeure onzième sur dix-huit, avec une conflictualité qui s’est effondrée (0,03 journée de grève par salarié et par an) et demeure toujours inférieure à la moyenne (0,04 journée grevée). Les modèles nordiques – réputés en France pour la qualité du dialogue social qui y régnerait – se situent en tête du classement : le Danemark est premier, la Norvège quatrième et la Finlande septième. Ainsi la «flexsécurité», tant vantée par les dirigeants français, semble caractérisée par un niveau de conflictualité nettement plus important. Un paradoxe qui ne semble pas intéresser les défenseurs de son introduction progressive dans notre pays. La France, en dessous de la moyenne des pays industrialisés, n’est certainement pas le berceau de la «gréviculture» décriée par nos médias et nombre de nos politiques.

Troisième élément du mythe, les grèves françaises se caractériseraient par des journées nationales destinées à paralyser l’activité économique. Sur la période 1970-1990, les conflits localisés représentaient 51,2 % des journées non travaillées pour fait de grève, loin devant les 34,9 % de conflits généralisés (propres à une profession) et les 13,9 % de journées nationales d’action. Sur la période plus récente (1990-2005), les conflits localisés représentent 85 % des grèves, pour 14 % de conflits généralisés et seulement 1 % de journées nationales ! La France est treizième sur dix-huit en termes de mobilisation des grévistes. Que pouvons-nous en conclure ? Pays le plus faiblement syndicalisé de l’Union européenne, marqué par un taux de chômage élevé et une hostilité croissante des médias à l’égard des mouvements sociaux, la France n’est pas un pays de grévistes.

Pourquoi, dans ce cas, Nicolas Sarkozy promettait-il avant son élection qu’«au bout de huit jours d’un conflit social, il y aura obligation d’organiser un vote à bulletin secret pour que la dictature d’une minorité violente ne puisse imposer sa loi sur une majorité qui veut travailler» ?Outre le caractère insultant de cette promesse à l’égard des grévistes «violents» et «dictatoriaux» et la manifeste méconnaissance dont atteste notre président en ce qui concerne le droit de la grève, quel est l’intérêt d’une telle mesure dans un pays où 98 % des conflits sociaux durent moins de deux jours ? Le droit de grève est une liberté constitutionnelle et individuelle pour chaque salarié, ce qui est incompatible avec une quelconque validation majoritaire. De plus, son exercice se heurte à la liberté du travail : aucun gréviste ne peut entraver le droit d’un salarié non gréviste de travailler sans engager sa responsabilité civile et pénale. C’est là le paradoxe fondamental de cette proposition : dans le cas d’une validation par une majorité de salariés, la «dictature» de cette majorité imposerait sa loi sur la minorité qui souhaite travailler. Et ne le pourrait plus ! Nicolas Sarkozy inaugurerait donc la première législation sociale encadrant le droit de grève dans le secteur privé, mais contrevenant simultanément à la liberté de faire grève et à celle de travailler.

La loi du 21 août 2007, relative à la grève dans les transports, ne concerne que le secteur public et se contente pour l’essentiel de reprendre le dispositif de dialogue social préexistant en l’aménageant de gadgets (l’obligation d’un préavis au préavis, dont l’utilité laisse dubitatif). Elle ne prévoit aucune réquisition, n’empêche nullement l’ensemble des salariés d’une entreprise publique de faire grève. Elle ne garantit donc en rien un quelconque service minimum. Un texte pour l’essentiel vide de tout contenu autre que purement proclamatoire, très éloigné des promesses de campagne de notre président. Telle est peut-être l’explication finale de la position actuelle de nos dirigeants quant au droit de grève : des proclamations destinées à satisfaire tant l’hostilité (réelle) des médias que celle (supposée) de la population. Ainsi alimente-t-on, sans doute à dessein, les préjugés de ses concitoyens…




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31102007

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