privatisons Auschwitz

23062009

Encore un hommage à Pierre Desproges sur le service public audiovisuel. Hommage hélas involontaire. Soucieux de ne pas sombrer dans la grossièreté insondable de TF1, les journalistes de France Télévisions mènent des enquêtes audacieuses qui osent s’attaquer aux questions essentielles … et qui ne sont pas sans rappeler la minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, sauf que là, ce seraient plutôt les deux heures futiles.

Hier soir c’était le tour de Benoît Duquesne, qui, malgré un joli prénom, accumule les preuves de son insignifiance à chacune de ses sorties. Son fait d’armes le plus légendaire date du soir de l’élection de Chirac en 1995, quant notre benet passa sa soirée à l’arrière d’une moto, le micro tendu vers la CX de Jacques et Bernadette (si on m’avait dit que je les regretterais ces deux-là !). Bref, ce sémillant passeur de plats était à l’oeuvre hier pour présenter une série de reportages, pas tous inintéressants d’ailleurs.

Mais l’un d’eux était particulièrement … étonnant ? Non, car « ensemble, tout est devenu possible« , selon la devise libérale, dont la version littéraire héritée de Machiavel est « plus c’est gros plus ça passe » et la version cinématographique, héritée d’Audiard est « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît« . Ce reportage nous expliquait que le site du camp de concentration de Auschwitz, qui est ouvert au public et entretenu afin de permettre la perpétuation de la mémoire, connaît des difficultés pécunières et peine à trouver des financements. Le reporter n’hésitait pas à s’affranchir d’un tabou en évoquant avec le responsable du lieu la possibilité de rendre la visite payante. Mais on se perdait ensuite en considérations fumeuses sur d’éventuels dons des pays membres de l’UE. Ces journalistes sont donc d’indécrottables timorés ! Allons donc, à notre époque, encore rechercher la solution étatique, l’assistanat, tout ça !!! Je ne pige pas que la Commission et l’OCDE n’aient pas encore préconisé une libéralisation du marché de la mémoire. Qu’on vende ce site au plus offrant ! Gageons que l’esprit d’entreprise saura innover, rendre ce secteur attractif et valoriser cette activité. Et ce malgré le manifeste désintérêt du commun des mortels consommateurs pour les questions historiques, pour les questions humaines, pour les questions euh … pour les questions en général. Faisons confiance au Marché ! Amen.




pauvre Cohn

7062009

Le problème posé par l’OPA des libéraux sur l’écologie dépasse largement les gesticulations erratiques d’un petit sophiste, ni rouge, ni vert, mais qui se présente comme le Père Noël. Vois par ailleurs, ami lecteur, pour une critique de fond.

Pourtant, le cas de DCB est représentatif de la marmelade intellectuelle qui est vendue au populo sous le nom d’écologie.

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comment tout cela va-t-il finir ?

28042009

J’ai une petite idée :

 

et puis tiens, je ne suis pas tout seul




chercher à être splendide

16042009

Entretien avec Alain Caillé, créateur du Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales et animateur de journaldumauss.net. Entretien paru dans Libération, intitulé « Être généreux est une forme de guerre« . Extrait :

La rapacité à l’œuvre dans le capitalisme contemporain ne dément-elle pas la primauté du don ?

A. C. Si l’on estime que l’homme est exclusivement un animal économique, alors il faut dire que les sociétés où l’appât du gain ne prévaut pas masquent la vraie nature de l’homme et que le néo-libéralisme constitue la conclusion logique de l’Histoire. Sa vérité révélée.

Pour ma part, je crois que le moment dans lequel nous sommes ne doit pas nous égarer et que le moteur de l’homme a toujours été et reste la quête de reconnaissance, de la capacité à donner, d’être puissant, de montrer qu’on est splendide. Il se trouve juste que, depuis trois décennies, la modalité pour être splendide, c’est d’avoir une Rolex. En d’autres temps, chez les Grecs, être splendide, c’était mourir pour la cité. La rapacité actuelle n’est pas à elle-même sa propre explication et, ce qu’il faut se demander, c’est quel bouleversement symbolique a pu générer l’idée que la reconnaissance devait passer par la richesse économique.




maternelle-université

10042009

 

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Noël rouge, Noël vert

15122008

Youpi, voici le temps où chacun va communier avec ses semblables, va s’étourdir dans les temples de la consumation, va procéder au rituel exercice de son pouvoir, que dis-je, de sa puissance d’achat. Pour les moins dupes, il faudra se creuser le cigare pour trouver un cadeau qui ne sera pas abandonné en moins de 24 heures par son destinataire, qui remplira un tout petit peu son rôle de leure, faire oublier un temps qu’on est si malheureux et seuls dans ce monde en pleine désintégration. Cette joyeuse période ne doit pas, mes frères, nous faire oublier les pouilleux de toutes sortes et de tous lieux qui n’ont pas les moyens de se consumer pour s’oublier. Bien sûr, pour les infâmes raclures sarkozystes décérébrées (ça redonde à fond), ces considérations n’ont pas de sens ; mais quand je dis « mes frères« , je m’adresse à cette partie de l’Humanité qui n’a pas encore abdiqué son humanité.

Quand je vois rouge, je formule un secret espoir, déculpabilisant, que chacun, un jour, pourra assouvir ses pulsions consommatrices, au moins à Noël et un intime et solennel engagement de tout faire  (mais pas demain parce qu’on dîne chez maman) pour que cela devienne réalité.

Mais quand je vois vert, j’entends un discours déconcertant, libérateur, construit, cohérent et neuf.

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d’où vient tout ce pognon ?

14122008

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Entre bêtise et méchanceté, la peur…

12122008

Par Pierre Marcelle

sur le site de Libé

Du sadisme banal

Eh bien, Vittorio de Filippis n’aura pas expérimenté pour rien les joyeusetés de l’interpellation matutinale, du soupèsement de testicules (dit «fouille au corps») et de la garde à vue. Son exposition médiatique a suscité partout en retour moult reportages de traumatismes dont on ne rapportera ici qu’un seul, établissant exemplairement que les voies de l’arbitraire fonctionnaire sont multiples, et vicieuses, et chafouines.

Le témoignage, de première main, est incontestable. Il intéresse un de ces multiples et étranges étrangers vivant en France dans le respect de ses lois, et dont l’administration contrôle le séjour -- comme il sied dans un Etat bien policé. Le sujet, domicilié dans une avenue Roger-Salengro, n’évoque pas de coups de chaussures à clous assénés contre lui dans d’obscurs sous-sols préfectoraux ni d’aveux extorqués d’hypothétiques mauvaises fréquentations. A son encontre, nulle brutalité verbale ni physique. Juste une misérable ignominie consistant à le domicilier, lors du renouvellement de ses titres de séjour, Avenue Roger-Salnegro. Soit à une fausse adresse, susceptible de lui valoir, en cas de contrôle, les pires tracas. Peu enclin à aggraver son cas déjà patent (il est tout noir) en se plaignant, notre résident a bien tenté de croire à une coquille, mais la répétition du procédé, divers coups de téléphone passés auprès de son employeur pour vérifier son état civil et sa qualité, et les ricanements à peine dissimulés qui l’accueillirent lorsqu’il vint bien poliment faire rectifier ses papiers, l’en ont vite dissuadé. Il a choisi d’écraser et, dans un sourire contraint, subit cette saloperie comme le prix à payer pour son intégration : un bizutage, un «moindre mal», un sadisme ordinaire comme il en va du racisme, une humiliation supplémentaire à quoi sa couleur de peau l’expose et l’habitua, mais qui laisse un goût plus qu’amer quand c’est la République qui l’inflige.

A l’heure où s’écrivent ces lignes, les «incidents de caténaires» se poursuivent et Michèle Alliot-Marie est toujours ministre de l’Intérieur. Comme le fut sous le Front populaire le socialiste Roger Salengro qui, harcelé de calomnies par la presse d’extrême droite après qu’il eut ordonné la dissolution de ses ligues, se suicida en novembre 1936.

De la connerie ordinaire

Ainsi nous revient qu’en tentant la semaine dernière de déterminer ce qui branle dans le fonctionnement de l’Etat quand il bave, via sa police ou sa justice, nous avons gravement sous-estimé les paramètres de l’ignorance crasse, de la niaiserie satisfaite et, pour tout dire, de la bêtise «granitique», dans quoi Flaubert voyait «quelque chose d’inébranlable [et que] rien n’attaque sans se briser contre elle»…

C’est alors de connerie d’Etat qu’il faudrait parler en lisant mardi dans Libération le témoignage de Benjamin Rosoux, l’épicier «terroriste» de Tarnac, rapportant les termes de son interrogatoire par des flicards fantasmant, à la ferme du Goutailloux, de sombres affaires de drogues et d’affriolante luxure ; et de même en découvrant, dans le Monde du 4 décembre, cette sortie ahurissante d’un collaborateur de la ministre Alliot-Marie proclamant, à propos des «sabotages» de caténaires, qu’«en 1917, ça a commencé comme ça». Selon le locuteur que citait le confrère, ce qui «a commencé comme ça», c’est la révolution russe d’octobre 1917 !

On a beau savoir que bêtise et méchanceté ne sont pas incompatibles, on frémit à les découvrir aussi intimement appariées que Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer dans la fabrication du concept d’«ultra-gauche, tendance anarcho-autonome».

D’une angoisse certaine

Ces mots-là n’ont rien d’innocent, quand le même projet qui les accoucha consiste à instiller dans les populations la peur de tout, mais qui n’est peut-être que la peur de l’Etat lui-même, confronté à une crise financière pas finie et une crise sociale à peine commencée. Et c’est très naturellement que ces mots reviennent pour évoquer les «émeutiers» d’Athènes ou de Salonique. Ainsi, mardi soir, comme par hasard et au détour d’un reportage de France 2, la jeunesse grecque se découvrit-elle d’«ultra-gauche» ! Où la confusion des mots traduit exemplairement celle de commentateurs sollicitant, pour qualifier la révolte des étudiants d’outre-Méditerranée, tantôt le précédent de Mai 1968, tantôt celui de nos «émeutes des banlieues» de l’automne 2005.

Et plus souvent l’un et l’autre à la fois, dans la perception d’un quelque chose qui n’effraie pas que Nicolas Sarkozy. En deux jours et deux nuits s’est réalisée là-bas la jonction entre une «bavure» policière, la crise de l’Union européenne et celle, mondiale, du capitalisme. Jusqu’à donner des idées à la jeunesse d’une Italie qui, en termes de chômage des jeunes et de corruption de l’Etat, ne se porte guère mieux que le voisin héllène. Cette peur qui transpire au plus haut niveau de l’Etat, ce n’est pas celle de «l’insurrection qui vient», mais celle, fondée par la crise ou fantasmée par les médias, de la grève générale.

 




claude lévi strauss par lui-même

4122008

Partie 1

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Partie 3

http://www.dailymotion.com/videok2WFwylCgmyhiLRFpQ

Partie 5

http://www.dailymotion.com/videok6Za1TXhCGpJjlRFLC




je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence, ce n’est pas un monde que j’aime

11072008

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